J'ai mis à disposition des gourmands deux des terrines préparées avec la
chair des perdrix et faisans dont les peaux, têtes, plumes, ailes et queues
étaient répartis dans les pièces de l'exposition.
Lorsque j'ai expliqué comment ces plats avaient été préparés, deux ou
trois "Mon dieu !" horrifiés ont résonné dans la Chapelle, exclamations fort à
propos étant donné la nature du lieu !
Pourquoi ces réactions ? Le fait de manger des oeuvres d'art peut-être ? Ou ce
qui est d'autre part momifié, tanné et légèrement puant ? Ou enfin un mouvement
de dégoût face aux origines de la viande - celle qu'on nous montre bien rose
dans les barquettes aseptisées des supermarchés ? Les trois
?
En tout cas, il ne restait plus rien des terrines de
faisans lorsque nous avons quitté la Chapelle.
Et une chose est sûr : mon travail se déporte de plus en plus vers le ventre,
la nutrition... Et le végétal.
Ah ! En prime une jolie vidéo d’Alexandre Benjamin Navet. Regardez, on voit les
peaux de perdrix et l'olivier bouger avec les courants d'air !
1 De Marie -
Bien sûr ! mais la viande en barquette n'est pas encore cuite ... si elle était brune comme la terrine personne ne l'achèterait ! du moins je le pense.
Puant ? comme le Maroilles et pourtant si bon au goût !
Des cuisinières d'âge mûr n'ont pas dû avoir la même attitude. Bon appétit. :-D
2 De Timothy-archer -
Ahah fabuleuse expérience , entre l'oeil et l'estomac il existe un monde chez les spectateurs, le premier est souvent beaucoup trop cérébralisé quand le second est souvent " évacué " de la réflexion artistique. Félicitation également pour tes oeuvres pleine d'intelligence et de sensibilité !